HACHEMI Hamoud dit Sid Hocine
Signalé à la préfecture d’Alger sur une liste par Me Préa : boulanger à Beau Fraisier, 32 ans _ enlevé le 22 février 1957 par les paras – aucune nouvelle (archives Teitgen)
Témoignage de Nourredine Skander dans El Moudjahid, n° 55, 16 novembre 1959 :
« On me conduisit dans une cellule [ du PC du colonel Bigeard] où je trouvai le cadavre d’un patriote devenu méconnaissable tellement il avait été torturé. Je sus par la suite qu’il s’agissait de Hachemi Hammoud, valeureux militant d’Alger ».
Cité dans Hafid Keramane, La pacification, livre noir de six années de guerre en Algérie, Lausanne, La Cité, 1960, p. 90.
Son cas est également mentionné dans Benyoucef Benkhedda, Alger, capitale de la réisistance (1956-1957), p. 149.
Enfin, Saad Dahlab, dans son ouvrage Mission accomplie (p. 67-68) l’évoque également. Selon lui, Hachemi Hamoud, alias Djelloul, avait été militant nationaliste à Bordj Menaïel et fut arrêté et torturé en 1945. Il fut libéré en 1946 et devint le responsable de la wilaya de Kabylie du parti (il supervisait alors Krim et Ouamrane), de Sétif et de la Vallée de la Soummam, puis en 1951 il devint membre du comité central du MTLD. « Hamoud, écrit Dahlab, était le champion des agents de liaison de Ben Khedda [membre du CCE]. C’était aussi avec lui que je me rendais à Kouba dans un établissement de torréfaction où à trois, lui, Nassima Hablal, et moi tirions El-Moudjahid à la ronéo. Or, Hamoud avait été arrêté vers le 20 ou le 21 février 1957. Confondu par les parachutistes comme le reconnaît le Général Massu lui-même, il a dû reconnaître qu’il rencontrait Ben Khedda et là, nous sommes réduits à des suppositions car Hamoud est mort sous la torture et nous n’avons jamais su ce qu’il a pu avouer. Nous savons par contre qu’il n’a pas donné le lieu de réunion du CCE qu’il connaissait très bien puisque ce lieu n’a pas été découvert qu’après sa mort et bien après que nous l’ayons évacué. Obligé d’indiquer le lieu de ses rendez-vous avec Ben Khedda, il a dû penser qu’il pouvait s’en sortir en donnant l’adresse du studio de l’avenue Claude Debussy, studio que personne ne fréquentait et où Ben Khedda ne pouvait être. Ceux qui virent Hamoud chez les paras ne le reconnurent qu’à certains signes et à des avertissements qu’il leur donna lui-même, n’ayant rien perdu de sa lucidité. Lorsque les paras envahirent le studio et se trouvèrent nez à nez avec Larbi Ben M’hidi, ils étaient sûrs qu’ils venait de capturer Ben Khedda qu’ils recherchaient activement. » Notons toutefois qu’il existe d’autres versions de la façon dont les paras ont appris l’existence du studio où Larbi Ben M’hidi a été pris.
