Victime de disparition forcée durant ce qui est appelé la bataille d’Alger. Il n’a pas survécu à sa disparition forcée.
Si vous avez une photo, des informations, des documents concernant Mohamed BENDRIS, merci de nous écrire en commentaire ou à l’adresse mail 1000autres@laposte.net.
En août 1959, un groupe d’avocats a recueilli à Alger des informations de la part de familles de personnes enlevées et les a publiées dans un livre, Le Cahier vert. Dans leurs recherches, les proches de Mohamed BENDRIS se sont adressés à ces avocats. Le Cahier vert indique qu’il est né le 19 janvier 1919, qu’il est peintre en bâtiment, qu’il vit à Hussein Dey, qu’il est père de cinq enfants et qu’il a été enlevé le 24 mars 1957 par les parachutistes et la Direction de la surveillance du territoire. Il aurait été conduit au Génie, puis dans un lieu de détention à El Biar. Selon la même source, le général Massu a affirmé qu’il avait été libéré le 24 avril 1957. Mohamed BENDRIS était pourtant toujours recherché par ses proches en août 1959.
Son épouse a également adressé une lettre à Robert Lacoste afin de rechercher son mari. Cette lettre, conservée aux Archives nationales d’outre-mer, semble avoir été rédigée avec l’aide d’un écrivain public. Elle confirme que sa famille était sans nouvelles de lui après son enlèvement. Elle y cite également la réponse qu’elle a reçue du général Massu, datée du 5 juillet 1957 : « Madame, En réponse à votre lettre du 24 juin 1957, j’ai l’honneur de vous faire savoir que le Colonel Commandant le 2e RPC qui avait fait appréhender votre mari, l’a fait relâcher le 25 avril ». Or, ajoute-t-elle « mon mari n’a jamais été relâché. »
Plusieurs membres de sa famille ont ensuite témoigné sur le site. Son petit-fils indique que Mohamed BENDRIS n’est jamais revenu. Un autre petit-neveu précise qu’il militait depuis sa jeunesse pour l’indépendance de l’Algérie et qu’il avait participé aux manifestations du 8 mai 1945.
Lors d’un entretien réalisé le 23 octobre 2019, Abdelkamel BENDRIS, fils de Mohamed BENDRIS, a précisé que son père est né le 19 janvier 1919 à Sétif. Il a quitté Sétif à la suite de la répression du 8 mai 1945 (durant la manifestation de Sétif, après que Saal Bouzid, le porteur du drapeau, a été abattu, c’est — selon Abdelkamel Bendris — son père qui aurait repris le drapeau). Mohamed Bendris avait créé en 1946 avec son frère Ahmed une entreprise de peinture en bâtiment. Installé à Leveilley (aujourd’hui El Magharia, à Hussein-Dey), Mohamed BENDRIS vivait avec son épouse et leurs cinq enfants. Selon son fils, il a été arrêté devant son domicile le 24 mars 1957 : une patrouille de parachutistes avait d’abord fouillé la maison sans le trouver. Alors qu’ils s’apprêtaient à partir, l’homme cagoulé (bou shkara) qui les accompagnait l’a reconnu au moment où il arrivait au coin de la rue. Après son enlèvement, la maison a été soumise durant plusieurs mois à des fouilles répétées. Hanifa, l’épouse d’Ahmed, a entrepris des recherches à la caserne du Génie de Hussein Dey, à El Biar et à la villa Susini, sans obtenir d’information fiable.
Le fils de Mohamed Bendris explique que sa mère a été convaincue de la mort de son mari lorsqu’elle a reçu la réponse indiquant qu’il avait été libéré. Toutefois, au moment de l’indépendance, lorsqu’en face de la maison se trouvait un centre qui accueillait les libérés des prisons et des camps, elle scrutait tous ceux qui arrivaient, car peut-être son mari pouvait-il se trouver avec ceux qui revenaient.
Il ajoute qu’après l’indépendance, en voyant le nom de l’entreprise Bendris, un ancien détenu s’est présenté et a déclaré avoir partagé sa cellule à El Biar avec Mohamed : les deux hommes avaient été torturés, mais lui avait été libéré tandis que Mohamed BENDRIS était resté détenu.
Il raconte encore qu’en 1977 ou 1978, il est allé demander au comité de quartier pourquoi aucune rue ne portait le nom de son père. Il a alors fait un dossier pour le secrétaire local des anciens moudjahidine. L’ancienne rue du 11-Novembre a été renommée Mohamed Bendris, avec une inauguration officielle.
Sources concernant Mohamed BENDRIS
- Les Disparus. Le Cahier vert, Michel Zavrian, Jacques Vergès et Maurice Courrégé, Paris, La Cité, 1959.
- Fichier des arrestations de février-mars-avril 1957 constitué par la 10e DP à partir des déclarations des différents régiments, Fonds de la préfecture d’Alger, carton 91 1 K 1039, Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM / Aix-en-Provence, France).
- Lettre adressée par l’épouse de Mohamed BENDRIS à Robert Lacoste, Archives nationales d’outre-mer (ANOM / Aix-en-Provence, France).
- Témoignages de membres de la famille BENDRIS publiés dans les commentaires de la fiche en décembre 2018 et octobre 2019.
- Entretien de Malika Rahal avec Abdelkamel BENDRIS, fils de Mohamed BENDRIS, réalisé le 23 octobre 2019 à Alger (photographies réalisées par Malika Rahal à l’occasion de l’entretien).
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- Les Disparus. Le Cahier vert, Michel Zavrian, Jacques Vergès et Maurice Courrégé, Paris, La Cité, 1959.

- Fichier des arrestations de février-mars-avril 1957 constitué par la 10e DP à partir des déclarations des différents régiments, Fonds de la préfecture d’Alger, carton 91 1 K 1039, Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM / Aix-en-Provence, France).

- Lettre adressée par l’épouse de Mohamed BENDRIS à Robert Lacoste, Archives nationales d’outre-mer (ANOM / Aix-en-Provence, France).





Bonjour
Je suis son petit fils et j’écris ce message de la part de son fils
On aimerait bien avoir des détails sur la disparition de mon grand père Mohamed BENDRIS
merci de nous communiquer des informations si vous en avez
Merci pour cette identification. Pour l’heure, nous n’avons malheureusement pas d’information supplémentaire. Si vous le souhaitez, nous pouvons publier sa photo et autres documents permettant de mieux faire connaître son sort.
je suis uneBENDRIS , mon pere s »apelle MOHAMED de setif il est le cousin de si MHAMED BENDRIS d’alger qui est lui aussi originaire de setif ( commune guedjel )…. tous le temps il nous parlait de si Mhamed BENDRIS disparu a pendant les annees 50 au cours de la revolution nationale…rabi yeham mon pere MOHAMED et sle martyr Mhamed ….je sss venu a alger en 1990 … et jai entendu de mes propre oreille les histoires de 3ami AHMED BENDRIS le frere du martyr inchaallah MOHAMED rabi yerhamhom tous
Adel BENDRIS de setif
Bonjour je suis Ahmed Salim Bendris . Si Mhamed Bendris était le frère à mon grand père Ahmed (Allah yarhemhoum). Déjà en 1945 le 8 mai mon grand oncle avait participé aux manifestations. Dès son plus jeune âge il a milité pour l’indépendance. D’ailleurs mon père, Brahim, nous a toujours dit que c’était mon grand oncle qui l’a initié au mouvement nationaliste. Sa disparition correspond au moment ou mon père fut recherché par les autorités coloniales et qu’il fut exfiltré du territoire que mon Grand Oncle et mon Grand Père furent arrêtés. Mon Grand Père fut battu et jeté dans la rue quand à mon Grand Oncle .. on ne le revit plud jamais. Gloire à nos martyrs.
Je suis le petit fils de si mhamed
Et je porte son prenom
Mhamed bendris
Toutes la famille bendris elle est fière de notre grand père
La famille BENDRIS , que ce soit au centre, à l ‘Est ou à l’ouest , s’est sacrifiée pour l’indépendance de l’Algérie et plusieurs chahids sont tombes en martyrs pour que vive l’Algérie !