Noureddine NESSIRA ou NESIRA dit Nounou
N’a pas survécu à la disparition forcée durant ce qui est appelé la bataille d’Alger.
Si vous avez une photo, des informations, des documents concernant XX, merci de nous écrire en commentaire ou à l’adresse mail 1000autres@laposte.net.
Dans le Fichier des arrestations constitué par la 10e Division de parachutistes, il est indiqué qu’il a été enlevé le 19 février 1957 et qu’il a été abattu pour tentative de fuite le 19 février 1957 par le 1er Régiment étranger de parachutiste (REP) . Selon les historiens, cette version de l’évasion est souvent une version mensongère utilisée par les parachutistes lorsque la personne est morte durant sa détention, soit qu’elle a été torturée à mort, soit qu’elle a été assassinée. Noureddine Nessira est donc vraisemblablement mort durant sa détention (91 1 K 1039 ANOM).
Plusieurs publications en ligne et publication de réseaux sociaux donnent des informations supplémentaires et reprennent des articles de presse (dans en cité les références avec précision).
Selon le blog consacré à la rue Darwin de Belcourt, Noureddine Nessira, connu sur le diminutif de « Nounou » était né le 5 juillet 1931. Il travaillait comme commis boucher rue de Lyon (auj. rue Belouizdad) à proximité de l’hôpital Mustapha. Il avait fait partie des Scouts musulmans algériens (SMA), dans le groupe Emir Khaled de Belcourt , avant de devenir militant du FLN dans un groupe armée du secteur de Belcourt. Selon ce texte, en 1956, il aurait rejoint, avec d’autres lycéens et étudiants, un maquis de la wilaya 4. Au début de l’année 1957, il serait revenu à Belcourt pour encadrer la grève des huit jours, organisée par le FLN. C’est alors qu’il aurait été arrêté pour être envoyé à la villa Susini où il aurait été torturé durant plusieurs jours. C’est lors d’un transfert vers un autre lieu de torture, le 17 février que, selon ce site, « il tenta de s’échapper en sautant de la jeep qui le transportait […] il fut criblé de balles à hauteur du café Boukhalfa, rue Marey ». Le texte rappelle enfin que l’ancienne rue Auguste Comte a été nommé après Noureddine Nessira, comme une polyclinique qui y a été construite ». Enfin apprend par ailleurs que sa mère, Baya Sahnoun aurait également été tortuée à la villa Susini (retrouver sa fiche sur notre site).
Le site du Mouloudia Club d’Alger reprend ces informations en ajoutant que Noureddine Nessira et son frère Messaoud avaient été champion de cross et d’athlétisme au Mouloudia.
Témoignages transmis par Youssef Zerarka, de même que son portrait et la photo d’une plaque commémorative, le 16 juin 2019.
Né le 5 Juillet 1931, enlevé « après la grève des 8 jours en même temps que ses compagnons de lutte, Djilali Mezidi, Said Lalaoui dit »Sâou », Ahmed Ismaïl (ou Smail) dit »Tchounek » et Abdelkader Keddouche (ou Kadouche). » Selon l’armée, aurait été abattu lors d’une « tentative d’évasion » le 17 février 1957, rue Marey.
« Le 17 février 1957, lors d’un transfert de nuit (…) vers un autre lieu de torture (certainement la villa de la « Grotte » à Belcourt), il tenta de s’échapper en sautant de la jeep qui le transportait. La réaction des parachutistes, pris de court par son geste, fut prompte et « efficace » puisqu’il fut criblé de balles d’une rafale de fusil-mitrailleur à hauteur du Café Boukhalfa, rue Marey. D’ailleurs, l’un des rares comptes rendus de la presse coloniale de l’époque, qui évoquera l’événement, qualifia Nessira Noureddine, d’ « authentique tueur », en racontant qu’il a été lui-même tué, dans la nuit de lundi à mardi (17 février 1957), à 1h 30, allée des mûriers, par une patrouille du 1er REP, au moment où, il tentait de « fausser compagnie aux paras », alors qu’ils le conduisait « à l’endroit où étaient cachées des armes ».
Mais, selon les témoignages de moudjahidines, cela s’est passé autrement. « Ils ont dû le faire sortir, pour la corvée de bois, et il leur a échappé de la villa Alvado Joseph (centre de tortures de triste réputation), et serait descendu quatre à quatre les escaliers menant vers l’allée des mûriers. ils ont dû le rejoindre à la rue Marey (actuelle Larbi Tebessi), a sauté de la jeep en plein jour… au-dessus de la placette chemin Fontaine bleue (actuelle Zekal). Il fut tué dans les escaliers descendants du chemin Fontaine bleue vers la rue Jules Sivry, Belcourt (source : Si Zoubir Boualem Rouchai).
Sa mère, Baya Sahnoun, sœur du chahid Othmane Sahnoun, aura connu elle aussi les tortures à la Villa Sésini et le camp d’internement de Béni Messous pendant deux ans.
A noter que le quartier de Belcourt a donné de nombreux martyrs à la Révolution, notamment Mustapha Meguenni, le plus jeune martyr de la rue Darwin, Djelloul Djelloudi (assassiné par l’OAS), Labsi Ali et Mustapha Serir. Une rue de ce quartier a été baptisée au nom de Nessira Nounou (ex-Boulevard Auguste Comte) ainsi que la polyclinique qui y a été construite. »
Djamel Belbey »
Autre témoignage, reçu le 02/02/2020, de sa cousine Aziza, dans son message sur le disparu Othman Sahnoun : » Ma tante Sahnoun Baya veuve avec son fils Nessira Nourredine furent arrêtés avec papa chez nous au 11 Rue Albert de Mun . Nourredine voulut s’échapper, il reçut une balle dans le jardin puis fut attaché par les pieds derrière la Jeep et fut traîné dans tout le quartier : tout le monde a entendu ses hurlements : il mourut ainsi rue Marey près du café Boukhalfa. Sa mère Sahnoun Baya torturée puis camp.de Benni Messous jusqu’en 61 . Elle n’apprit la mort de son fils que quelques jours avant sa sortie par Salima Belhaffef dans le même camp. »

