MILAT *

MILAT Rabah

Né vers 1920. Cafetier maure Bd Joyeuse à Belcourt. Bd Cervantès (Belcourt). Enlevé mi-février par les parachutistes. Pas de réponse de l’armée en octobre. (SLNA)

Disparu. Voir ci-dessous les documents fournis par les enfants de Rabah Milat.

Principales sources utilisées :

SLNA : « Fiches de renseignement » du Service des Liaisons Nord-Africaines : « Personnes arrêtées, demandes de recherche transmises au commandement militaire », ANOM, 91/ 4 I 62.

Liste SLNA : mention sur une liste de rappels adressée à l’armée par le SLNA en octobre 1957, la fiche de renseignement correspondant n’étant pas archivée). ANOM, 91/ 4 I 62

CV : Jacques Vergès, Michel Zavrian, Maurice Courrégé, Les disparus, le cahier vert, Lausanne, La Cité, 1959.

4 commentaires

  1. milat redouane Répondre

    Bonjour
    Je vous remercie pour cette fenêtre qui s’ouvre sur une longue durée d’histoire sombre plein de doute qui fait imaginer n’importe quoi, je remercie tout le monde qui a participé pour faire soulager notre chagrin.
    On a écouté plusieurs histoires mais là il n’y a pas de flou car la lumière qui rentrerait par cette fenêtre c’est la vérité qui soulage les cœurs des gens.
    Il n’y a que la vérité qui blesse mais aussi que la vérité qui soigne la conscience et bien-être des humains.
    J’ai écrit ces ligne à titre personnel. Le petit-fils du défunt et martyr MILAT RABAH

    Mr MILAT REDOUANE

    • HistoireColoniale

      Merci pour ce témoignage. Si vous avez davantage de précisions sur sa disparition, des documents ou photos, n’hésitez pas à nous les communiquer. FR

  2. Enfants MILAT RABAH Répondre

    A l’association Maurice Audin et histoirecoloniale.net

    Nous enfants de feu MILAT RABAH tenons d’abord à saluer l’action de l’association Maurice Audin et après un long combat, a pu enfin dévoiler la vérité sur les enlèvements et les disparitions commis par les parachutistes durant la bataille d’Alger en 1957.

    C’est un moment fort de témoignage devant l’histoire de la guerre d’Algérie.
    Ces moments douloureux de notre histoire (enlèvements, disparitions et assassinats) sont toujours gravés dans nos mémoires et nous ont causé beaucoup de peine tout au long de notre vie.

    Aujourd’hui et grâce à votre association c’est le réconfort et le soulagement que nous éprouvons sur la vérité de ces événements historiques.

    En ce qui concerne notre père feu MILAT RABAH, né le 5 Février 1924 à Beni Maamar (Sidi Abdelaziz), il habitait au 32 BD Cervantès a Belcourt et était gérant d’un café maure au 2 Bd Villaret Joyeuse a Belcourt.

    Le 16 février 1957 tard dans la nuit alors qu’il dormait, un groupe de parachutistes s’est présenté à notre domicile et l’ont enlevé brutalement le faisant sortir du domicile devant son épouse et ses enfants en bas âges à coup de crosse sur la tête faisant couler du sang partout d’après le témoignage de notre mère.

    Ensuite et selon des témoins enlevés en même temps il a été conduit à la triste et célèbre villa SESINI au clos Salembier et depuis cette date nous l’avons plus revu.

    Veuillez trouver ci-joint les rares photos et documents que nous possédons afin que vous puissiez rectifier certaines dates de vos archives.

    On regrette pour notre mère de n’avoir pu vivre cet événement de réconfort et de soulagement, elle est décédée le 3 mars 2018 à l’âge de 90 ans.

    Enfin pour terminer d’autres témoignages sur cet événement vous seront transmis dès leurs réception par d’anciens co-détenus.

    Expéditeur: Les enfants du martyr MILAT RABAH.

  3. MILAT Toufik Répondre

    En complément au témoignage de mes cousins, filles et fils de MILAT Rabah qui était mon oncle, du reste le seul oncle que j’ai eu mais que je n’ai jamais connu car je suis né bien après son arrestation et disparition, je voudrais apporter ces quelques éléments que je tiens de mes parents décédés il y a une année.

    Mon oncle Rabah a été arrêté en même temps que son jeune frère, mon défunt père MILAT Cherif. Les deux, et leurs familles, habitaient alors sous le même toit au 32 Bd Cervantès (Aujourd’hui Mohamed DOUAR), à Belcourt. Les parachutistes français les ont sortis de chez eux avec une violence inouïe (blessures et sang qui giclait à cause des coups de crosse et baïonnette des armes). Mon oncle s’étant rendu compte, en ce moment même, que sa fin était proche, a murmuré dans l’oreille de son jeune frère pour lui dire de ne rien divulguer de leur engagement militant au motif qu’il était le plus jeune et qu’il n’en savait rien. Au besoin, lui a-t-il dit, il devait tout mettre sur son compte.

    Un peu plus de trois mois après, mon père avait été relâché, mais jamais mon oncle Rabah. Il aurait, selon certains témoignages vagues faits à mon père, péri sous la torture dès les premiers jours de son arrestation à la villa Sésini (Salembier), sinistre centre de détention et de torture connu de tous et où sévissait un certain le pen, où les deux frères avaient été conduits avant d’être séparés.

    J’ai repris ce récit tel qu’il m’a été transmis par mes parents, avec le moindre détail, dans le souhait que cela puisse servir d’une manière ou d’une autre pour reconstruire autant que faire se peu la vérité sur cette page sombre et peu glorieuse de l’histoire coloniale française dans mon pays et de ce qui est convenu d’appeler la bataille d’Alger.

    Si le papa est revenu, mon oncle Rabah est un Chahid auquel nous ne connaissons pas de tombe et dont nous n’avons, sa famille directe et nous mêmes, jamais pu faire le deuil.

    Merci infiniment pour le travail de recherche de votre association qui aidera certainement à faire jaillir la lumière sur cette tragédie restée enfouillée en nous même des années depuis.

    Toufik MILAT, neveu de Rabah MILAT.

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